
La liberté créative
à l’ére de l’intelligence artificielle
Depuis plusieurs mois, les débats autour de l’intelligence artificielle agitent le monde musical. Entre crainte de l’usurpation et revendications financières, certains grands noms dénoncent ce qu’ils considèrent comme une menace.
Mais pour LOOK 2.0, compositeur et créateur indépendant, cette révolution est au contraire une chance inédite de rendre la musique à ceux qui la font réellement.
Q : Laurent, pourquoi, selon toi, les maisons de disques et certains artistes réagissent aussi violemment à l’arrivée de l’intelligence artificielle ?
LOOK 2.0 : Je pense qu’il y a deux raisons principales.
La première, c’est qu’elles ne contrôlent plus tout. Pendant des décennies, les maisons de disques ont monté leur propre cheptel, misant sur quelques têtes d’affiche tout en ignorant des milliers de jeunes compositeurs talentueux. Leur but, c’était de faire briller un artiste, pas forcément l’auteur ou le créateur derrière.
Aujourd’hui, l’IA casse ce schéma : elle permet à chacun de créer, de produire, et de se faire entendre sans passer par leurs circuits. Forcément, ça bouscule les habitudes… et surtout les revenus.
Q : Tu vois donc l’IA comme une forme de libération pour les artistes indépendants ?
LOOK 2.0 : Oui, totalement. C’est une vraie libération artistique. On peut enfin s’exprimer sans attendre qu’une maison de disques décide de notre sort.
Sur le plan économique aussi, c’est une révolution. Aujourd’hui, on peut créer des morceaux d’une qualité équivalente à celle des majors, avec les bons outils et du travail.
C’est un peu comme à l’époque de l’arrivée d’Internet ou du téléchargement : une évolution qui dérange ceux qui veulent garder le monopole. Amazon l’a bien compris dans le monde du livre avec KDP, qui a permis à des milliers d’auteurs de s’auto-éditer. Dans la musique, on vit le même tournant.

LOOK 2.0
Q : Certains grands artistes demandent à être rémunérés parce que les IA s’inspirent de voix humaines existantes. Tu en penses quoi ?
LOOK 2.0 : Qu’il y a une part de logique, oui : pourquoi pas imaginer une forme de rétribution pour l’utilisation de certaines voix connues.
Mais il faut aussi se demander comment seront reconnues les voix créées par l’intelligence artificielle elles-mêmes ? Ce sont aussi des créations à part entière, appartenant à leurs concepteurs.
Et puis, il existe des milliers d’enregistrements dans le domaine public. Il faudrait réserver la discussion aux cas où une voix identifiable d’artiste est utilisée sans autorisation. La jurisprudence l’a déjà rappelé : ce n’est pas parce qu’une voix “ressemble à” qu’elle appartient à quelqu’un.
Q : Pour toi, ces voix artificielles sont-elles des artistes à part entière, ou simplement des outils ?
LOOK 2.0 : À la base, c’est un outil au service du compositeur.
Mais imaginons un créateur qui utilise toujours la même voix artificielle, lui donne une identité, un univers, une cohérence visuelle et sonore… Dans ce cas, oui, cette voix pourrait devenir un personnage artistique à part entière. Ce serait comme un alter ego numérique.
Q : Laurent, pourquoi, selon toi, les maisons de disques et certains artistes réagissent aussi violemment à l’arrivée de l’intelligence artificielle ?
LOOK 2.0 : Je pense qu’il y a deux raisons principales.
La première, c’est qu’elles ne contrôlent plus tout. Pendant des décennies, les maisons de disques ont monté leur propre cheptel, misant sur quelques têtes d’affiche tout en ignorant des milliers de jeunes compositeurs talentueux. Leur but, c’était de faire briller un artiste, pas forcément l’auteur ou le créateur derrière.
Aujourd’hui, l’IA casse ce schéma : elle permet à chacun de créer, de produire, et de se faire entendre sans passer par leurs circuits. Forcément, ça bouscule les habitudes… et surtout les revenus.
Q : Tu vois donc l’IA comme une forme de libération pour les artistes indépendants ?
LOOK 2.0 : Oui, totalement. C’est une vraie libération artistique. On peut enfin s’exprimer sans attendre qu’une maison de disques décide de notre sort.
Sur le plan économique aussi, c’est une révolution. Aujourd’hui, on peut créer des morceaux d’une qualité équivalente à celle des majors, avec les bons outils et du travail.
C’est un peu comme à l’époque de l’arrivée d’Internet ou du téléchargement : une évolution qui dérange ceux qui veulent garder le monopole. Amazon l’a bien compris dans le monde du livre avec KDP, qui a permis à des milliers d’auteurs de s’auto-éditer. Dans la musique, on vit le même tournant.

LOOK 2.0
Q : Certains puristes disent que les musiques créées avec IA manquent d’âme. Tu leur réponds quoi ?
LOOK 2.0 : Que c’est faux. Certaines de mes musiques m’ont donné le frisson, et elles ont ému ceux qui les ont écoutées.
Pour moi, la musique, c’est comme une recette de cuisine. Tout le monde peut faire des pâtes bolognaises, mais une seule recette sur dix va nous bouleverser. Et souvent, même celui qui l’a faite ne saura pas la reproduire à l’identique.
C’est ça la magie : ce n’est pas la technologie qui crée l’émotion, c’est la main et l’intention derrière.
Q : Mais avec cette ouverture à tous, n’y a-t-il pas un risque de noyer les jeunes créateurs dans la masse ?
LOOK 2.0 : Non, je pense que c’est un filtre naturel.
Ceux qui vont se démarquer, ce sont ceux qui vont créer un univers, pas juste un morceau. C’est exactement ce qu’on a vu avec les youtubeurs : tout le monde peut poster une vidéo, mais seuls ceux qui ont une idée, une personnalité, une cohérence, sortent du lot.
En musique, ce sera pareil. Le public fera le tri, comme il l’a toujours fait. Mais entre-temps, l’IA aura permis à des milliers de talents de tenter leur chance et ça, c’est formidable.
Q : Si tu pouvais t’adresser directement aux grandes maisons de disques qui critiquent cette évolution, que leur dirais-tu ?
LOOK 2.0 : Je leur dirais d’arrêter de se battre contre le vent. L’intelligence artificielle fera partie de la vie artistique, qu’ils le veuillent ou non.
Plutôt que de bloquer, il vaudrait mieux collaborer, expérimenter, et accompagner ce mouvement.
C’est exactement ce qui s’est passé avec le téléchargement : on a voulu punir les gens, interdire, contrôler… Et puis les plateformes comme Spotify ou Netflix ont fini par démocratiser l’accès à la culture.
Aujourd’hui, les logiciels deviennent accessibles grâce à des abonnements, et tout le monde peut créer.
C’est une évolution naturelle, inévitable — et surtout, une chance.
Propos recueillis par Alessia Romano
Entretien exclusif pour le site officiel de LOOK 2.0